Aller au contenu principal

A ou B ?

Acheter ou louer : que devient votre patrimoine ?

La réponse ne tient pas dans une règle générale : elle dépend du prix, du loyer que vous payez aujourd'hui, de la durée pendant laquelle vous comptez rester, et de ce que vaudrait votre apport s'il était placé ailleurs. Cette simulation met les deux trajectoires côte à côte.

« Louer, c'est de l'argent jeté par les fenêtres » est probablement la phrase la plus répandue sur le sujet, et la moins utile. Elle omet les frais d'acquisition, les intérêts versés à la banque, les charges de propriétaire — et surtout ce que l'apport aurait pu rapporter s'il était resté disponible.

La comparaison honnête ne consiste pas à opposer un loyer à une mensualité. Elle consiste à comparer deux patrimoines à une même date : celui de l'acheteur, fait de la valeur de son bien diminuée de sa dette, et celui du locataire, fait de son épargne placée. C'est ce que fait ce simulateur.

Simulateur acheter ou louer

Le logement à acheter

Frais dits « de notaire », garantie et dossier, en part du prix.

Taxe foncière, copropriété non récupérable, entretien courant.

Une valeur négative est acceptée : c'est un scénario utile à tester.

La location

Charges comprises, pour un logement équivalent.

Net d'impôts. C'est ce que rapporte l'apport qu'il n'a pas décaissé.

Le paramètre le plus déterminant de toute la comparaison.

Scénario A : Acheter

et revendre dans 10 ans

Patrimoine net estimé dans 10 ans

147 127 €

Sortie immédiate
50 000 €
Mensualité de crédit
1 275,91 €
Charge mensuelle totale
1 475,91 €
Valeur du bien dans 10 ans
276 156 €
Capital restant dû
129 029 €
Intérêts versés
62 138 €

Scénario B : Louer et placer

l'apport et les frais non décaissés

Patrimoine net estimé dans 10 ans

133 693 €

Sortie immédiate
0 €
Loyer de départ
900,00 €
Loyer dans 10 ans
1 075,58 €
Total des loyers versés
118 257 €
Capital placé au départ
50 000 €
Bien détenu
aucun

Différence estimée entre les deux scénarios

+13 434 €

Avec ces hypothèses, l'achat laisse environ 13 434 € de patrimoine net de plus au bout de 10 ans.

Faites varier la durée : c'est le paramètre qui fait le plus souvent basculer le résultat, parce que les frais d'acquisition doivent être amortis avant que l'achat ne prenne l'avantage.

L'évolution des deux patrimoines

Patrimoine net de l'acheteur et du locataireDeux courbes croissantes. Celle de l'acheteur part en dessous, les frais d'acquisition étant perdus dès le départ, puis progresse à mesure que le capital est remboursé. Celle du locataire part du capital placé. Au bout de 10 ans, l'écart entre les deux atteint 13 434 €.

Années écoulées

  • Acheter
  • Louer et placer
Voir les données chiffrées
Patrimoine net de l'acheteur et du locataire
Années écouléesAcheterLouer et placer
Achat10 000 €50 000 €
1 an40 234 €58 240 €
2 ans50 769 €66 516 €
3 ans61 613 €74 825 €
4 ans72 778 €83 165 €
5 ans84 274 €91 534 €
6 ans96 113 €99 928 €
7 ans108 305 €108 344 €
8 ans120 863 €116 779 €
9 ans133 800 €125 230 €
10 ans147 127 €133 693 €

Aux grandes échéances

  1. Aujourd'hui

    Acheter

    10 000 €

    Louer et placer

    50 000 €

  2. Dans 1 an

    Acheter

    40 234 €

    Louer et placer

    58 240 €

  3. Dans 5 ans

    Acheter

    84 274 €

    Louer et placer

    91 534 €

  4. Dans 10 ans

    Acheter

    147 127 €

    Louer et placer

    133 693 €

Les résultats sont fournis à titre indicatif à partir des informations et hypothèses saisies. Ils ne constituent ni une offre bancaire, ni un conseil financier, fiscal ou patrimonial personnalisé.

Transparence

Comment ce résultat est-il calculé ?

Les étapes du calcul

  1. Au départ, l'acheteur décaisse son apport et les frais d'acquisition. Le locataire, qui ne décaisse rien, place exactement cette même somme au rendement que vous indiquez.

  2. Chaque mois, la charge de l'acheteur réunit sa mensualité de crédit et ses charges de propriétaire, tandis que celle du locataire est son loyer, indexé chaque année.

  3. Celui des deux qui dépense le moins ce mois-là place la différence. Au début, c'est généralement le locataire ; à mesure que les loyers sont indexés et que la mensualité reste fixe, la situation finit souvent par s'inverser.

  4. La mensualité entière est comptée comme une sortie d'argent côté acheteur. Sa part de capital est déjà comptée dans la valeur du bien diminuée de la dette : la retirer aussi des dépenses reviendrait à la compter deux fois. C'est l'erreur la plus répandue des comparateurs achat-location.

  5. À l'échéance, le patrimoine de l'acheteur est la valeur du bien diminuée du capital restant dû, augmentée de son épargne éventuelle. Celui du locataire est son placement. L'écart affiché est la différence entre les deux.

Les conventions employées — taux mensuel, moment des versements, arrondis — sont détaillées sur la page méthodologie.

Ce qui est pris en compte

  • Les frais d'acquisition, décaissés au départ et non financés
  • Les intérêts du crédit et les charges de propriétaire
  • L'indexation annuelle du loyer et des charges
  • L'évolution du prix du bien, y compris à la baisse
  • Le placement de l'épargne du locataire

Ce qui ne l'est pas

  • Les frais de revente : agence, diagnostics, éventuelle plus-value
  • Les travaux importants et le renouvellement des équipements
  • La fiscalité, le rendement étant à saisir net
  • Le coût et le risque d'un déménagement contraint en location

Un exemple concret

Un logement à 250 000 €, avec 30 000 € d'apport, emprunté à 3,5 % sur 20 ans, 8 % de frais d'acquisition et 2 400 € de charges annuelles. Le logement équivalent se loue 900 € par mois. On retient 2 % d'indexation des loyers, 1 % de hausse du prix du bien et 2,5 % de rendement pour l'épargne du locataire.

Au bout de 5 ans, le patrimoine de l'acheteur atteint 84 274 €, celui du locataire 91 534 €. L'écart est de 7 260 €.

Au bout de 15 ans, l'acheteur atteint 220 105 € et le locataire 176 056 €, soit un écart de 44 049 €.

La durée est le paramètre décisif : les 20 000 € de frais d'acquisition sont perdus dès la signature, et il faut du temps pour les amortir. C'est pourquoi acheter pour trois ans et acheter pour quinze ans sont deux opérations de nature complètement différente.

Les limites de cette simulation

  • L'évolution du prix de l'immobilier est une hypothèse que personne ne maîtrise. Testez une valeur négative : la conclusion peut s'inverser complètement.
  • Les frais de revente ne sont pas déduits. Si vous comptez revendre à l'échéance, l'écart réel serait moins favorable à l'achat.
  • Les travaux importants — toiture, chauffage, ravalement — ne sont pas modélisés. Ils incombent au propriétaire, pas au locataire.
  • Le calcul suppose que le locataire place réellement son épargne au rendement indiqué. S'il la dépense, la comparaison n'a plus de sens.
  • Les charges de propriétaire sont revalorisées au même rythme que les loyers, ce qui est une simplification.
  • Un logement acheté procure une stabilité, et un logement loué une mobilité. Ni l'une ni l'autre ne se chiffre, et ce sont souvent les critères qui décident réellement.

À retenir

  • La durée pendant laquelle vous comptez rester est le paramètre le plus déterminant, devant le prix et le taux.
  • Les frais d'acquisition sont perdus dès la signature : c'est ce que l'achat doit d'abord rattraper.
  • La comparaison n'a de sens que si l'épargne du locataire est effectivement placée.
  • Aucun scénario n'est meilleur dans l'absolu : le résultat dépend entièrement des hypothèses que vous retenez.
  • La mobilité, la stabilité et la tranquillité pèsent dans cette décision autant que les chiffres.

Questions fréquentes

À partir de combien d'années l'achat devient-il intéressant ?

Il n'existe pas de durée universelle. Ce qui décide, c'est le moment où la valeur du bien, diminuée du capital restant dû, dépasse ce que le locataire aurait accumulé en plaçant son apport et ses économies de charges. Ce point de bascule dépend du prix, du loyer, du taux, des frais d'acquisition et du rendement retenu. Faites varier la durée dans le simulateur : vous verrez l'écart changer de signe, ou ne jamais le faire.

Pourquoi les frais d'acquisition pèsent-ils autant ?

Parce qu'ils sont réglés une seule fois, au départ, et qu'ils ne se retrouvent pas dans la valeur du bien. Sur un achat dans l'ancien, ils représentent couramment plusieurs dizaines de milliers d'euros. C'est cette somme que l'acheteur doit « rattraper » avant que son opération ne devienne plus favorable que la location — d'où l'importance de la durée de détention.

Le calcul tient-il compte des frais de revente ?

Non. Le patrimoine de l'acheteur est estimé à la valeur du bien diminuée de sa dette, sans retrancher d'éventuels frais d'agence ou de diagnostic à la revente. Si vous comptez revendre à l'échéance retenue, l'écart réel serait donc un peu moins favorable à l'achat que ce qu'affiche la simulation.

Pourquoi la mensualité entière est-elle comptée comme une dépense ?

La part de capital d'une mensualité n'est pas une dépense : c'est de l'épargne forcée. Mais elle est déjà comptée du côté de l'acheteur, dans la valeur du bien diminuée du capital restant dû. La compter une seconde fois en la retirant des sorties d'argent reviendrait à la compter deux fois. C'est l'erreur la plus fréquente des comparateurs achat-location.

Et si le prix de l'immobilier baisse ?

Saisissez une évolution annuelle négative. Le champ l'accepte. C'est même l'un des scénarios les plus utiles à tester : il montre à quel point le résultat dépend d'une hypothèse que personne ne maîtrise.

Pour aller plus loin